Etat des lieux de secteur des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication en République Démocratique du Congo
Du point de vue des télécommunications, avec une densité de l’ordre de 14 lignes téléphoniques pour 100 habitants (dont 0.06 lignes fixes et 14 lignes mobiles), la République Démocratique du Congo présente un niveau de pénétration encore relativement faible par rapport à la plupart des pays de niveau de développement équivalent.
Cette pénétration reste inférieure à celle de plusieurs pays voisins de la zone Afrique Centrale qui atteignent 30 à 40 lignes pour 100 habitants. En outre, les réseaux sont
concentrés sur deux grands axes, l’un au Sud-ouest (Kinshasa – Mbuji Mayi – Lubumbashi) et l’autre à l’Est (Bunia/ Bukavu) où se concentre une part importante de la population (grandes villes) et des marchés rentables. Les populations rurales, qui représentent plus de 75% de la population du pays, n’ont en revanche qu’un accès limité aux services de télécommunications.
Les réseaux et les services de télécommunications en République Démocratique du Congo ont connu une très forte croissance depuis le
début de la décennie en termes de nombre de clients et de chiffre d’affaires, principalement grâce au très fort développement de la téléphonie mobile, porté par les investissements des opérateurs privés.
Le dynamisme du marché du mobile est confirmé par une croissance annuelle moyenne de près de 50% du parc de clients actifs depuis 5 ans et une croissance moyenne du chiffre d’affaires sectoriel de l’ordre de 25% par an sur la même période.
Le segment de la téléphonie fixe, dont les principaux acteurs sont des entreprises publiques, n’a pas pu résister au développement du mobile, faute d’infrastructures susceptibles d’accompagner ce développement, de moyens financiers et de vision stratégique. Trois opérateurs interviennent sur ce marché très exigu, limité à la capitale et à quelques grandes villes.
Le segment de l’accès à l’Internet reste très limité avec environ 10 000 abonnés concentrés sur Kinshasa et les principales villes du pays. Les
tarifs d’accès sont très élevés et les bandes passantes offertes très limitées, du fait de l’absence d’infrastructure nationale et internationale haut débit en RDC. De nombreux réseaux indépendants, déclarés ou non, utilisent des connexions directes par satellite à des fournisseurs internationaux. Dans ces conditions, le développement des Technologies de l’Information et de la Communication est lent et coûteux.
Le cadre légal régissant le secteur a été défini en 2002. Il est fondé sur un modèle de marché où un exploitant public développe un réseau de référence fournissant aux autres opérateurs l’interconnexion et des capacités de transmission nationale et internationale. A ce jour, le réseau de référence prévu par la loi n’a pas été mis en place et chaque opérateur ou chaque utilisateur indépendant a
développé ses propres infrastructures de transmission en fonction de ses propres besoins. Cette évolution a permis l’éclosion d’un marché concurrentiel et le développement massif de la téléphonie mobile. Toutefois, on assiste à une multiplication des infrastructures de transmission de petite ou moyenne capacité concentrées dans les zones les plus peuplées, mais pas à la création des infrastructures haut débit qui seraient nécessaires au développement des TIC.
La mise en œuvre de ce cadre légal se heurte également à l’absence de certains textes réglementaires d’application, toujours à l’état de projet, notamment les textes réglementaires relatifs à la gestion et au contrôle du spectre radioélectrique.
Télécharger : Document complet sur l'état des lieux (pdf)
Source : Cellule NTIC /Ministère des PTT













